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Médecin et chirurgien, le vétérinaire prévient et soigne les maladies des animaux. Nos deux interviewés ne dérogent pas à la règle, mais soignent des "patients" bien différents !
Yann a 43 ans. Il est
vétérinaire, responsable d'une clinique vétérinaire à Haguenau.
David a 31 ans. Il est vétérinaire en parc zoologique.
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En quoi consiste votre travail ? |
Yann
Avec mon épouse, également vétérinaire, nous avons créé cette clinique dans une ville moyenne. Les "patients" sont aussi bien de petits animaux de ville, que des animaux de campagne. Je suis ce qu'on appelle un praticien mixte.
Les principaux petits animaux : chiens et chats. Mais les NAC, (nouveaux animaux de compagnie) se développent : rongeurs (cobaye, hamster, rat, souris, écureuils de Corée...) et apparentés (lapins), oiseaux (perruches, perroquets...). Les reptiles (tortues, lézards, serpents) sont plus rares. Les gros, ou animaux de rente* sont les animaux de la ferme : bovins, ovins et caprins (moutons, chèvres…), porcins et même... quelques autruches !
Les interventions du matin -souvent 8h00-13h00- sont réservées à la chirurgie que nous exerçons parfois à deux, et aux visites à domicile (fermes, écuries…), en moyenne 5 visites par demi-journée. La tournée est constituée de visites prévues (vaccinations, prises de sang…) et d'urgences (vêlages…). Je fais ainsi, 30 000 km par an avec ma voiture pleine de médicaments et de matériels adaptés aux interventions.
L'après-midi ce sont les consultations à la clinique. Il y a aussi les urgences et les soins intensifs. Pour assurer la continuité des soins, nous sommes joignables 7j/7. La nuit, nous nous déplaçons pour les urgences, environ 3 fois par mois, autant pour les petits que pour les gros animaux. Le week-end, nous avons en moyenne 3 ou 4 cas à traiter. Lorsqu'un animal est hospitalisé pour des soins intensifs, il faut également le surveiller régulièrement.
En chirurgie, nous pratiquons des opérations "de convenance" (stérilisation, castration, tatouage), le détartrage des dents. Des opérations plus compliquées aussi : ablation des tumeurs, interventions sur l'abdomen, le thorax, la vessie (calculs), de la chirurgie orthopédique. Ou, plus urgent et fréquent, le retrait des ovaires et de l'utérus en cas d'infection (ou pyomètres).
Lorsque cela devient compliqué, défaut orthopédique congénital, accident grave, fractures compliquées, nous passons la main à 2 chirurgiens associés itinérants, spécialistes des cas difficiles. Ils vont d'ailleurs monter un scanner dans la région.
J'ai suivi une spécialisation de comportementaliste après mes études. J'ai obtenu un diplôme en 2001 après sessions, mémoires, traitements de cas cliniques, examen devant jury. La pratique est centrée sur la prévention-éducation des chiots, mais aussi sur le traitement de certains défauts comme l'agressivité ou la malpropreté. Là, le maître et l'animal sont autant concernés par l'acquisition d'un nouveau comportement. La consultation spécialisée dure une heure. Elle peut avoir été demandée par un confrère pour l'un de ses patients-clients, ce qui exige un compte-rendu détaillé de la consultation.
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David
Je dirai qu'il y a, en gros, six grandes missions, dont trois relèvent directement du suivi quotidien des animaux dans un parc zoologique.
Nous avons plus de 1200 animaux issus de 190 espèces différentes : c'est ce que nous appelons une collection. A deux vétérinaires, et avec les équipes soignantes nous :
- établissons les rations alimentaires
- assurons un suivi sanitaire : Prophylaxie, médecine, chirurgie, contrôle en quarantaine à l'arrivée de l'animal ou avant l'exportation. Car nous échangeons avec d'autres zoos ou contribuons au renouvellement des espèces dans les espaces naturels dont ils ont disparu.
- réalisons une prospective : en choisissant de nouvelles espèces ou en participant aux programmes d'élevage européen ou internationaux.
90 des espèces de ce zoo, participent à un programme. Elles sont suivies par un coordonnateur d'espèce qui gère les données et les échanges entre zoo du réseau, au niveau européen ou international. Ainsi, après une série de tests biologiques et bactériologiques – systématiques avant ces départs – avons-nous envoyé des panthères de l'Amour au Japon et aux Etats-Unis.
Les trois autres missions relèvent de la communication publique et de la recherche, et je participe :
- aux actions pédagogiques en direction du jeune public ou du public adulte, comme présenter le métier de vétérinaire à un public adolescent, ou l'envers du décor du zoo, au petit matin à un groupe intéressé.
- à la vie associative : par exemple en instaurant des liens avec les associations vétérinaires et les associations de conservation de la faune.
Nous soutenons ces dernières, pour la réinsertion d'un animal, dans un milieu naturel. Ainsi, cette année, j'ai travaillé sur un projet de sauvegarde et de réintroduction de l'autruche à col rouge, dans la Réserve naturelle de l'Aïr et du Ténéré.
- à la recherche scientifique : nous envoyons des échantillons à des universités et des laboratoires spécialisés (sang, poils, squelettes, animaux à empailler ...), participons à des études éthologiques…
Selon la structure, il faut aussi assurer la gestion administrative des personnels du zoo. Et, bien sûr, dans tous les cas, l'encadrement de l'équipe de soigneurs animaliers, dans les gestes de la vie quotidienne. |
Quel a été votre parcours ? |
Yann
En 1ère, je souhaitais devenir chirurgien… mais pour les humains. J'ai été assez déçu de la relation médecin/malade, au cours d'un contact avec un spécialiste et d'une visite en hôpital.
Après une terminale D en 1982, j'ai finalement choisi une "prépa Véto". Le concours d'entrée en Ecole pouvait se faire à l'issue de la 1 ère année (25% de reçus). Je l'ai eu à l'issue de la 2 ème année. A la clé, 4 ans de formation (NB : le cursus a changé depuis), suivies à Lyon. Chaque année est marquée par des épreuves et des examens. En octobre 88, j'ai pu terminer la thèse qui permet de s'installer à son compte en libéral.
De 1988 à 1990, j'ai acquis de l'expérience en aidant et remplaçant des confrères. Puis j'ai été vétérinaire à l'armée : inspection sanitaire des cuisines, suivi des chevaux et des chiens.
J'ai travaillé également quelques années comme inspecteur vétérinaire aux abattoirs.
De 1991 à 2006, nous avons fait évoluer notre cabinet, pour arriver à la construction d'une nouvelle clinique en 2006.
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David
J'ai passé mon Bac S au Lycée Français de Madrid en 1995.Ensuite, la Prépa Véto dans la région parisienne, puis j'ai obtenu mon DEFV (Diplôme d'Etudes Fondamentales Vétérinaires) en 2001, à l'Ecole Vétérinaire de Maison-Alfort.
Vétérinaire : j'étais motivé pour ce métier depuis toujours ! Mais la spécialisation, je l'ai choisie au fur et à mesure des études.
Après mes premiers stages (laboratoire d'analyse d'un hôpital militaire, laboratoire vétérinaire départemental, analyse d'élevage bovin laitier), je me suis rapidement tourné vers les stages en zoo : Ménagerie du Jardin des Plantes à Paris, La Palmyre, Villars-Les-Dombes….
J'ai choisi comme formation complémentaire une première année de 3ème cycle à Lyon et Nantes avec l'option Faune sauvage. Puis un DESS "Faune sauvage et développement" (devenu Master BGAE, spécialité Biodiversité, Ecologie, Evolution (BEE)) au CIRAD de Montpellier. |
Quelles sont vos conditions de travail ? Les bons et mauvais cotés ? |
Yann
Beaucoup s'installent en profession libérale en se disant "je n'aurai pas de comptes à rendre à un patron". En fait, les obligations sont importantes envers une clientèle qui a des exigences. Ce qui implique une perpétuelle remise en question de ses connaissances.
Vétérinaire, c'est un métier de service. Il demande de la disponibilité, un investissement conséquent, tant intellectuel, que financier si l'on veut s'installer à son compte.
Intellectuellement, c'est intéressant : les connaissances sur les animaux, les méthodes de soins, les techniques et médicaments évoluent. La formation continue nous aide à nous perfectionner. Les connaissances de base et les ouvertures professionnelles acquises à l'Ecole, constituent les fondements solides du métier.
Il faut avoir de la force physique, "des biceps" pour certains actes, surtout en médecine rurale. Il y a aussi des actes plus difficiles que d'autres à réaliser. Et
en activité rurale, fondée sur les visites à domicile, le vétérinaire passe beaucoup plus de temps dans son véhicule qu'en activité urbaine, où se sont les gens qui se déplacent à la clinique ou au cabinet
C'est un métier qui demande de la force morale, de savoir se remettre en question.
En travaillant j'ai mieux compris que la "prépa-véto", avec sa dureté est une façon de sélectionner des élèves qui devront maîtriser le métier.
On est aussi confronté à la souffrance de l'animal, et l'on doit apprendre à supporter, à prendre du recul. Mais il y a des joies qui compensent : mettre au monde un veau, sauver un animal d'une maladie douloureuse ou invalidante sont des moments riches en émotions. |
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David
Ce métier présente une large palette d'activités qui s'exercent en direction de nombreuses espèces animales aux conditions d'élevage très différentes : entre l'ours polaire et le ouistiti pygmé par exemple, le suivi alimentaire et sanitaire est totalement différent !
C'est également un métier prenant : il nécessite une certaine disponibilité : il y a des urgences en dehors des heures de travail. Mais, il y a aussi des moments plus calmes.
Il faut aussi tenir compte des impératifs lors du transport des animaux. Il a lieu souvent le soir ou le matin, précédé d'une anesthésie ponctuelle. Cela demande beaucoup de vigilance.
Et les animaux doivent être suivis le week-end comme en semaine. Aussi y a-t-il une astreinte de garde, un week-end sur deux, à laquelle participent les vétérinaires et les soigneurs. |
Comment voyez vous l'avenir ? |
Yann
Nous espérons prendre bientôt de l'aide car la clientèle a progressé. Probablement arrêterons nous dans une dizaine d'année.
L'évolution est la même que sur l'ensemble du territoire, plus de chats que de chiens. Plus d'animaux de compagnie différents qu'avant. Mais ici, c'est un peu marginal.
Pour les animaux de ferme, le nombre d'élevage alentour a diminué, mais les agriculteurs ont plus de bêtes. Finalement, une activité rurale en augmentation.
La profession se féminise, surtout en ce qui concerne l'exercice en milieu urbain. Le vétérinaire urbain est plus sédentaire, la demande de soins est assez solide, mais il y a davantage de cabinets qu'en milieu rural.
En rural, le métier a été en partie servi par une augmentation des centres équestres. L'activité de conseils est en augmentation et remplace progressivement certains actes courants que les éleveurs savent maintenant faire eux-mêmes. Avec la flambée des prix du pétrole, il est possible que le cheval, animal de rente revienne au goût du jour. |
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David
Très bien : les zoos se professionnalisent de plus en plus. Ils jouent un rôle plus large qu'auparavant : didactique auprès de publics variés, conservation de l'espèce, reproduction, échanges diversifiés mais suivis rigoureusement. Cependant, beaucoup de zoos n'ont pas encore de vétérinaire à temps plein en France. Néanmoins, le nombre de membres de l'association française (AFVPZ) et européenne (EAZWV) est en augmentation. |
Quels conseils donneriez-vous aux jeunes qui souhaiteraient le métier de véterinaire ? |
Yann
Persévérer si il pense que c'est sa voie, être tenace et faire preuve de force morale. Avoir l'esprit d'entreprise pour créer ou reprendre une clientèle. Les études de vétérinaire sont spécialisées mais assez larges. D'où une certaine capacité d'adaptation à des situations variées : en libéral urbain ou rural, en laboratoire pharmaceutique, en laboratoire territorial d'analyse, en service vétérinaire, en zoo aussi. Ou même dans d'autres activités n'ayant a priori rien à voir avec l'art vétérinaire tel qu'on se l'imagine. |
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David
Le nombre de postes à temps plein reste très rare et les places sont "chères". Dans ce cas, la motivation est essentielle, pour acquérir une solide formation à la sortie de l'école. Impératif : suivre des stages, rechercher les expériences tant en France qu'à l'étranger. Cela aide surtout à mieux se rendre compte de ce qu'est ce métier… Attention ! Car ce n'est pas Daktari ! |

En savoir plus sur le métier
Consulte la fiche métier sur le site de l'ONISEP, ainsi que le
"chat" de Laetitia, vétérinaire, le 22 novembre 2006.
Consulte les numéros de la collection Parcours intitulés Les métiers de l'agriculture et de l'élevage (2004) et Les métiers pour s'occuper des animaux (2005).
Consulte les fiches métiers, tome 1 :
agriculture, forêts, animaux.
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Autres sites :
www.veterinaire.fr vétérinaire pour la vie
www.vet-alfort.fr (et aussi : les sites des écoles de Lyon, Nantes, Toulouse)
www.concours-agro-veto.net
www.portea.fr (portail de l'enseignement agricole) |
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