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Karine, 24 ans, est responsable
Ressources Humaines d'une entreprise du tertiaire (assurance) de Strasbourg.
Gilles 38 ans, est consultant et formateur à l'APEC (Association Pour l'emploi des Cadres). Tous deux sont au service de l'entreprise, et de la personne. Petit portrait.
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En quoi consiste votre travail ? |
Karine
Je suis Responsable des Ressources humaines d'une entreprise de 100 salariés dans le secteur de l'assurance. Il s'agit un poste généraliste, qui englobe beaucoup de spécificités : du recrutement à la gestion prévisionnelle des emplois et des compétences (GPEC). Je gère également les relations avec les institutions représentatives du personnel (IRP : délégués du personnel et les membres du comité d'entreprise). L'aspect disciplinaire fait aussi partie de mes attributions.
Je suis également le garant du respect des règles d'hygiène et de sécurité ainsi que du plan de formation de l'entreprise.
Sur ce point, j'interviens surtout en amont, pour la négociation des budgets, et en aval, lors des évaluations, car elles peuvent influencer le plan suivant.
Comme vous voyez, les activités sont tellement variées, qu'aucune journée ne ressemble à une autre : le planning quotidien est souvent remis en cause ! Mais il faut savoir, entre les coups de téléphone et les problèmes des salariés, gérer les priorités. Ainsi, je préfère remettre un rendez-vous et être à un moment précis, disponible pour une personne, plutôt que de traiter l'affaire à la va-vite.
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Gilles Il y a cinq ans, j'ai rejoint l'APEC en tant que consultant généraliste. J'ai évolué ensuite vers un poste de consultant interne puis de consultant formateur. Nous sommes au service des entreprises et des cadres, qui viennent nous interroger en matière d'emploi et de gestion de carrière.
J'exerce des missions variées :
En direction des cadres et des jeunes diplômés à bac+4/5 :
Je les accompagne individuellement et collectivement lorsqu'ils sont en activité ou en recherche d'emploi : je leur propose des outils facilitant cette recherche, ou des outils d'aide à la gestion de carrière. Avec une collègue spécialiste de l'enseignement supérieur de notre "service partenariat" de Paris, nous avons signé un partenariat avec des écoles de l'Académie de Strasbourg : IAE, INSA. Nous réalisons – en partenariat avec l'ANPE, l'Assedic et la Région - des parcours individualisés pour les cadres au chômage. Quant aux cadres en activité, ils peuvent demander des Bilans de compétences ou d'orientation.
En direction des entreprises :
Le recrutement et la gestion des compétences/carrières font partie de nos préoccupations : Ainsi, avec mes collègues, j'aide les entreprises au quotidien, à diagnostiquer leur besoin de recrutement et à mettre en place une stratégie de communication dans nos médias (web et magazine). Elles sont orientées, le cas échéant, vers les forums/salons/rencontres de recrutement, que nous organisons. Dans mes contacts avec les entreprises, je peux être amené à diagnostiquer le système de gestion de carrière et de compétences (par exemple : le dispositif d'entretien annuel), puis à réaliser une proposition d'intervention. Elle pourra être mise en œuvre par un de nos consultant spécialiste. Ces entreprises sont à la fois des TPE/PME, de grandes entreprises industrielles et de services. Egalement des organismes du secteur sanitaire et médico-social, dans lequel je me suis spécialisé.
Je suis également ce qu'on appelle "formateur en recrutement" : j'anime des formations de notre "catalogue" inter-entreprise, j'en conçoit sur mesure, à la demande des entreprises et j'accompagne en "formation action individuelle" des recruteurs stagiaires, lors d'un recrutement réel. |
Quel a été votre parcours ? |
Karine
J'ai choisi un Bac ES, car en 2nde , l'économie m'a ouvert les yeux sur ce qui conditionne en partie notre vie quotidienne. J'ai naturellement poursuivi en intégrant un DUT GEA. Je cherchais une formation universitaire à court terme, et un contact, grâce aux stages, avec le monde du travail.
Ensuite, j'ai entrepris une formation en IUP (licence, maîtrise et stage) en management et gestion des entreprises. Ce qui me plaît, c'est le mélange de théorie et de pratique et la confrontation entre la théorie et la pratique de terrain. La pratique est nécessaire pour développer et acquérir les habitudes professionnelles et résoudre les problèmes au cas par cas. La théorie permet de prendre du recul, met en relief, permet une mise en question, une réflexion.
Paradoxalement, c'est le stage de DUT en finances (mise en place d'un service de recouvrement en entreprise) qui m'a conduit vers les RH, car j'hésitais encore entre les deux. Ce sont des voies très différentes, mais il me semble difficile d'exercer une responsabilité importante en RH, si on n'a pas une bonne vision de la gestion d'une entreprise. Du coup, j'ai choisi mon stage de 6 mois en IUP dans le domaine RH. Je me suis tout de suite intégrée à la culture de l'entreprise. Et j'ai poursuivi, dans la même entreprise, par un DESS RH (qui est devenu Master professionnel RH) en apprentissage.
Ma mission sur l'année était d'accompagner le service RH dans le cadre d'une fusion de société avec reclassement du personnel. Là, on est immédiatement au cœur d'un des problèmes les plus difficiles à résoudre dans une entreprise. Cela demande une attention constante, de tenir un langage unique devant le personnel pour ne pas ajouter à la difficulté, de rassurer, expliquer, encourager à suivre des formations, conseiller, mais aussi, laisser le choix. Chercher aussi un maximum de solutions pour des personnes qui, dans ce secteur d'activité, n'ont pas une mobilité importante.
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Gilles
Après un bac L (A1 : lettres et math), j'hésitais : Hypokhâgne ? Normal Sup ? Saint Cyr ? DUT GEA ? Droit ? Je recherchais culture générale et maximum de débouchés. J'ai finalement choisit le Droit, et la préparation ENSET de Cachan.
Cela m'ouvrait les portes vers beaucoup de choses, sauf le commerce, qui ne m'intéressait pas. Je me suis donné à fond en faculté, jusqu'à une maîtrise de droit privé international. Emplois saisonniers et stages juridiques (cabinet de conseil d'avocat, juriste en entreprise, puis à la cour européenne des droits de l'homme…..) m'ont permis de découvrir le monde du travail, puis d'effectuer et de valider des choix professionnels : la porte d'entrée à l'école de la magistrature est étroite, et j'ai finalement choisi les ressources humaines.
A l'armée, j'ai fait une école d'officier, puis occupé un poste d'encadrement et de formation d'une unité de 25 à 40 personnes. J'ai commencé à m'occuper d'insertion, de recrutement et du suivi d'une population très diversifiée : de la personne illettrée au bac+10 !
Cette thématique est devenue une constante de mon parcours : insertion, recrutement, formation, conseil en gestion de carrière, recherche d'emploi, autant de mots-clés qui le jalonnent.
Ensuite, le DESS RH à l'IAE de Strasbourg (devenu le Master RH). En formation, nous étions en fait de "faux débutants" puisqu'il fallait avoir au moins deux ans d'expérience (un an actuellement), pour y entrer.
Tous les profils étaient représentés : De 25 à 47 ans, de débutant à 15/20 ans d'expérience, c'était une confrontation intéressante ! J'ai aimé la diversité des matières abordées : sociologie des organisations, droit du travail, comptabilité, informatique, psychologie, gestion prévisionnelle des emplois et des compétences, des études universitaires tournées vers l'entreprises.
Après un mémoire sur l'insertion des jeunes, un stage puis un CDD m'ont conduit à un poste de recruteur interne junior, dans une entreprise de la région parisienne. Au programme : recrutement des stagiaires et emplois d'été, ainsi que des emplois de niveau V, étude de partenariat avec les Grandes Ecoles françaises et européennes et travail de fond sur l'ergonomie appliquée à certains postes de travail.
En rejoignant l'Alsace, j'ai occupé successivement le poste de responsable du service emploi formation d'une mutuelle étudiante puis durant trois ans, celui de consultant recrutement, responsable de département spécialisé d'une entreprise de travail temporaire (recrutement de cadres, techniciens scientifiques, des gestion et de direction) |
Quelles sont vos conditions de travail ? Les bons et mauvais cotés ? |
Karine
J'aime cette variété d'activités, qu'il faut savoir gérer de façon rigoureuse, sous peine de dispersion : donc par exemple, être à l'écoute mais organiser ce temps d'écoute.
Evidemment, il faut s'attendre à ne pas forcément boucler son programme prévisionnel journalier : on avancera sur certaines activités, mais moins sur d'autres. C'est un "stress" qu'il faut intégrer. En RH, on doit regarder ce qui se passe dans les autres services. Ainsi ne vit-on pas en autarcie, mais l'on rencontre constamment des personnes de terrain, des managers... C'est un carrefour, et il faut faire le tri des informations, être prudent sur ce qui peut ou ne peut pas circuler, savoir tenir des propos nuancés, et ne pas répondre trop rapidement.
Etant une fonction support à d'autres fonctions de l'entreprise - je dirais presque qu'elles sont nos clients - les RH sont fournisseurs de service et répondent à des objectifs, des contraintes, des besoins. Alors, bien souvent, on donne un avis, mais on a pas forcément toutes les cartes en main pour la résolution du problème. Une fois l'avis donné, on applique seule la décision prise par la Direction de la société, qui peut être différente de ce que l'on pense.
Ce qui me convient le plus : une activité polyvalente, non routinière, des contacts variés, une ouverture d'esprit sur l'ensemble de la vie de l'entreprise.
Ce qui me convient le moins : le risque de frustration lorsque l'on est d'un avis et qu'il faut appliquer quelque chose de différent. Le plus gros travail, c'est de prendre du recul, de la distance avec l'activité mais c'est une condition pour maintenir la qualité de son travail. Je ne crois pas que cela s'acquiert de façon théorique, cela se vit, se construit au fil du temps.
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Gilles
Ce qui me plait particulièrement c'est la diversité des missions (conseil, formation, projets, partenariat, conception), et des interlocuteurs (entreprise privé ou public, jeunes diplômés, cadres, institutions, association, organismes de formation, collectivité locale etc…), le travail en réseau interne et externe, la participation à des projets mais aussi l'autonomie, l'esprit de service et le paritarisme.
Par ailleurs, nous avons les moyens organisationnels et matériels pour l'ensemble de nos missions et le support de nos services spécialiste internes.
Ces plaisirs/avantages peuvent avoir leurs "limites relatives" : celle que je vois mais qui est justement liée à notre statut paritaire, est que nous avons une organisation encore assez centralisée et nous ne pouvons intervenir sur la totalité du champ du recrutement et de la gestion de carrière. |
Comment voyez vous l'avenir ? |
Karine
Cela fait à peine un an que je suis en poste et ce que je fais aujourd'hui me plait toujours autant. Pour acquérir une certaine plénitude, une sérénité à ce genre de poste, il faut en fait plusieurs années d'expérience. |
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Gilles
Pour moi, du moment que j'apprends c'est essentiel. Je me fixe des objectifs de développement : creuser des thématiques, développer un secteur de mon activité, me spécialiser sur un type d'action. Je n'ai pas d'idée préconçue. Je me sens bien dans une organisation qui vit des valeurs auxquelles j'adhère. |
Quels conseils donneriez-vous aux futur(e)s personnes souhaitant travailler dans les ressources humaines ? |
Karine
Savoir choisir - si l'on peut - parmi les multiples activités des ressources humaines, ce qui correspond le mieux à ce que l'on est. Garder sa personnalité, la maîtrise de soi, rester soi-même pour garder une bonne assise professionnelle et rester humble.
Dans le cadre des RH, on ne peut jouer le rôle d'une assistante sociale. D'autres personnes sont en charge de cette mission importante, il faut donc bien marquer la frontière entre les deux, pour pouvoir pleinement "jouer" chacun notre rôle. |
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Gilles
Etre clair(e) et précis(e) sur ce que l'on a envie de faire : mais attention ! ne pas être trop exigeant ou irréaliste.
Les ressources humaines englobent plusieurs sortes d'activités qui sont autant de spécialisations : on peut y être spécialiste d'un domaine ou généraliste. Il faut aussi tenir compte des spécificités, notamment culturelles des différents secteurs d'activité : bâtiment, industries, services, fonctions publiques…
Pour confronter ses idées et projets avec la réalité et l'expérience des personnes du métier, il me semble intéressant d'effectuer le plus de stages possibles, de rencontrer et questionner des professionnels des métiers qui intéressent, d'approfondir dans les études les thèmes auxquels on accroche.
Avoir aussi conscience de ses motivations profondes, d'éléments de son caractère qui entrent indubitablement en ligne de compte, lorsque l'on finit par choisir un cursus. Se questionner, apprendre à se construire un projet global, mais aussi pas à pas, apprendre à le faire évoluer. |
Les ressources pour en savoir plus sur les métiers
- Consulte les fiches métiers "Responsable des Ressources Humaines " et "Consultant" sur le site de l'ONISEP.
- Consulte le numéro de la collection Parcours intitulé "Les Métiers de la Gestion, la comptabilité et les ressources humaines" publiée par l'ONISEP.
- Tu peux aussi consulter "Le Dico des Métiers"
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