 |
 |
 |
Ce mois-ci ->
Archives -> |
|
 |
|
 |
|
 |
|
 |
 |
|
|
| |
Tu es ici : > > Travailler dans la plasturgie |
 |
 |
| |
Antoine, 27 ans, est actuellement ingénieur plasturgiste, spécialisé en outillage.
Arnaud, 33 ans, est superviseur d'îlot. Tous deux travaillent chez un équipementier automobile de la banlieue strasbourgeoise.
 |
En quoi consiste votre travail ? |
Antoine
C'est au terme d'un stage que j'ai été embauché dans l'entreprise comme ingénieur de simulation J'ai changé récemment et je viens de passer ingénieur outillage.
Cette entreprise fait de la sous-traitance automobile et utilise des matières plastiques intégrant des composants électroniques.
La simulation, c'est l'utilisation de modèles numériques en 3 D. Le procédé virtuel permet de diminuer le temps consacré au prototypage. Cette technologie poussée demande des calculs de structure complexes, et beaucoup d'attention, car il ne faut pas trop s'éloignerdes contingences du réel.
Cela demande une très bonne connaissance des matériaux, de leurs réactions dans des situations diverses, de la documentation scientifique et technique et il faut savoir se torturer les méninges ! Cette phase de pré-industrialisation se situe entre le bureau d'études et la production.
En devenant ingénieur outillage, je passe à la phase d'industrialisation. Donc, je vais travailler sur les procédés et moyens à développer pour la mise en place de la production en série. C'est plus concret, avec un suivi des fournisseurs. C‘est nouveau pour moi, et j'ai beaucoup à apprendre.
|
 |
Arnaud
Je suis superviseur d'un îlot de l'atelier. 30 opérateurs travaillent sur presse à injection*, du démarrage de la production jusqu'à la mise en carton du produit fini. Nous avons aussi des régleurs de machines, et des approvisionneurs qui veillent à l'alimentation continue des chaînes en matière première. Les presses peuvent exercer des pressions de 2000 tonnes maximum. Et la matière plastique, dont la composition est variable, fond à des températures situées entre 200° et 300°. A la fin de la chaîne, le produit refroidit est prêt à l'emballage.
Mon rôle est d'assurer l'organisation et l'animation de la production et de gérer les ressources humaines. Quelle polyvalence instaurer selon les produits à réaliser ? En fonction de la charge de travail, faut-il faire appel à l'intérim, ou peut-on échanger des opérateurs avec les autres îlots ? Comment accompagner les "opérateurs leaders" qui organisent précisément le travail de chacun, au sein des équipes ?
Une part de mon temps est également consacrée à l'amélioration continue de l'activité : tenir les exigences de qualité, organiser l'animation mensuelle de l'équipe, suivre le cahier des charges en relation avec le client. Je suis également la sécurité de l'équipe, en liaison avec le responsable sécurité de l'entreprise.
J'assure aussi une veille vis-à-vis des projets, pour en étudier les contraintes et la faisabilité. Je suis donc en contact permanent avec les autres services supports (méthode, métrologie, maintenance...) et la hiérarchie. Ceci est valable, non seulement pour la veille, mais également pour le suivi des produits |
Quel a été votre parcours ? |
Antoine
Après un Bac S à Rouen en 1997, j'ai choisi une classe préparatoire technologique PT, car j'étais intéressé par la mécanique et la technologie en général. Prépa, c'est un niveau théorique soutenu. On ne se sert pas forcément de tout ce que l'on y apprend. Mais on se forge une façon de raisonner, on structure sa mémoire, on apprend à réfléchir et à se préparer à des concours.
Je ne savais pas que choisir après la mécanique. A l'issue de prépa, j'ai passé plusieurs concours, le rang de classement déterminant le choix de l'école. Entre l'INSA Rouen et l'ENSAIS (devenu INSA Strasbourg), j'ai choisi la plasturgie. Mes critères de choix : Une spécialité intéressante, peu de formations en France, et un besoin en personnel qualifié dans les entreprises.
Quelques fois quand j'y repense, je me dis que j'ai du aussi être influencé par les Legos techniques que j'ai abondamment utilisé ! Voilà comment je suis arrivé à Strasbourg, pour 3 ans d'études. J'ai approfondi mon intérêt pour ce matériau malléable, et découvert comment on peut intégrer des fonctions complexes en une seule pièce. Par exemple, une boite en matière plastique peut se fermer par un clip de la même matière : la fonction "fermeture" est intégrée lors de la conception de la pièce. Cela implique de bien connaître les propriétés et l'environnement du matériau utilisé.
Pour commencer, en 1ère année, on suit une formation généraliste en mécanique, puis on se spécialise petit à petit en plasturgie. Il y a trois stages d'application progressifs : D'abord un stage ouvrier de 6 semaines. Je l'ai accompli chez Legrand, à la chaîne de production des pièces plastiques destinées aux connecteurs électriques. Puis un stage technicien de 2 mois, chez un sous traitant automobile fabricant de pares chocs. Cela consistait à simuler les procédés d'injection. J'ai pu faire coïncider ma 3ème année avec la préparation d'un DEA en mécanique et ingénierie (devenu Master ingénierie et technologie). Mon stage a eu lieu dans l'entreprise ou je suis actuellement. J'ai eu de la chance, car j'ai été embauché en 2002, sur un poste qui venait d'être créé.
|
|
Arnaud
Après une 2nde technique, j'ai entrepris un BT plasturgie (diplôme remplacé par un Bac STI, génie des matériaux), obtenu en 1992. Je m'y suis intéressé dès la 2nde, grâce à un passage en CIO et une visite au Lycée de Saverne. Deux points positifs : la plasturgie prenait son essor et représentait un potentiel de développement présent dans beaucoup de secteurs.
J'ai ensuite passé un BTS plasturgie en 1994. Le stage en entreprise de flaconnage a apporté une autre dimension à la formation. Ce n'est plus de la simulation mais de la production en grandeur réelle. Avec des contraintes de cadence, des exigences de qualité permanente, la chasse et le traitement des rebuts…
Après l'armée, j'ai travaillé pendant 1 an dans une entreprise pharmaceutique produisant des filtres plastiques. L'atelier d'injection fonctionnait le week-end, en 2*12. J'ai pris le temps de suivre tous les métiers de la production, de l'entrée de la matière première à l'emballage des produits finis. J'ai appréhendé la technicité de chaque poste. Pour prendre du recul, j'assistais la veille aux réunions internes pour comprendre les processus de production mis en œuvre le lendemain.
En 1997, j'ai été recruté par une entreprise familiale. Elle s'est développée et a rejoint successivement deux groupes de production de matières plastiques. Mon premier poste ? Régleur en 2*8. Pendant 3 ans, j'ai changé les outillages, démarré les productions. Je suis intervenu après chaque dérive, j'ai réalisé les premières analyses de dysfonctionnement et les premières intervention en maintenance des machines.
Ensuite, je suis passé chef d'équipe (20 personnes), pendant 1 an. Après la mise en place d'une organisation en unité autonome de production, je suis devenu superviseur d'îlot, poste que j'occupe actuellement. |
Quelles sont vos conditions de travail ? Les bons et mauvais cotés ? |
Antoine
Les contraintes sont les mêmes, quel que soit le domaine d'intervention de l'ingénieur : on accomplit une mission, il faut s'adapter aux demandes, savoir contrôler la pression quotidienne, savoir être présent quand nécessaire.
L'intérêt c'est que je peux décaler mes heures et que j'exerce un métier qui n'est pas "bouché" ou l'on peut accéder à des postes de responsabilité, surtout en PMI.
Actuellement, ce qui me plaît c'est que je vois concrètement le résultat de mon travail. Avoir la pièce réalisée entre les mains, c'est motivant. Voir le produit monté dans la voiture, l'est encore plus. Même si il y occupe une toute petite place, il a son importance. |
|
Arnaud
Au début, le plus difficile c'est de bien appréhender les différents aspects de la gestion des personnels et l'animation, alors que l'on est assez focalisé sur la technique. Avoir les réactions adéquats, bien exprimer ses idées, animer les équipes, gérer les conflits. Et c'est un stage de tuteur, qui m'a aidé à progresser. J'ai aussi appris grâce aux collègues des fonctions supports, car ils apportent un autre regard sur l'exercice des métiers.
Ce qui m'intéresse le plus, c'est la diversité des activités. On peut évoluer dans la partie technique : mettre en place de nouvelles productions, améliorer sa relation avec les fournisseurs, travailler la documentation technique des produits, améliorer finement les machines et les processus de production. Mais c'est indissociable d'une bonne gestion des personnes. |
Comment voyez vous l'avenir ? |
Antoine
En changeant de fonction, j'évolue professionnellement et je continue à apprendre. Cela me convient. Il va me falloir un certain temps pour bien comprendre et maîtriser cette étape, développer une bonne expérience de terrain car les données sont complexes. Je pense qu'actuellement, les entreprises de la plasturgie recherchent des profils dans la conception, le développement et l'application de ce matériau. |
|
Arnaud
Un équipementier doit rester compétitif. Il faut bien voir qu'il y a un challenge permanent : introduire de nouvelles technologies, diversifier sa production, suivre de près l'évolution des techniques de fabrication et la composition des matériaux utilisés.
Il faut beaucoup s'investir car l'équipementier est en relation permanente avec le client qui veut diminuer ses coûts et les fournisseurs de matières premières qui, actuellement, les augmentent. Ceci nous oblige à toujours être dans une démarche d'amélioration continue. |
Quels conseils donneriez-vous aux jeunes qui travailler dans la plasturgie ? |
Antoine
D'abord je croyais pouvoir faire l'économie des langues, mais elles sont indispensables : utilisation de la documentation technique, contacts avec des fournisseurs … Et puis je crois qu'il faut être curieux, s'intéresser à tout, être inventif au départ. Et si on ne l'est pas : devenir clair, précis, minutieux pour bien exercer cette profession.
|
|
Arnaud
L'inciter à s'intégrer dans les équipes, à échanger une partie de son bagage de formation avec les personnes du terrain qui lui font part de leur expérience. Le secteur est très formateur pour un jeune car il permet de développer un état d'esprit d'amélioration continue et de haute technologie. |

En savoir plus sur les métiers
Consulte les fiches métiers sur le site de l'ONISEP. (biologie, chimie)
Consulte le numéro de la collection "Les Dossiers" intitulé "Choisir les sciences pour réussir" (ONISEP).
A voir éagelement, Site internet de l'Onisep : les métiers en vidéo (ingénieur : fabrication et matériaux , régleur, responsable d'atelier)
|
 |
|
| |
|
|