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Etre chargé de maintenance, en quoi ça consiste ? Deux professionnels nous parlent de leur expérience du domaine.

Adrien, 38 ans, est directeur de maintenance dans une entreprise de textiles non-tissés du Haut-Rhin. Nicolas, 38 ans également, est responsable de production dans une entreprise d'embouteillage d'eaux minérales du Haut-Rhin







En quoi consiste votre travail ?

Adrien

Je suis directeur maintenance dans cette entreprise ou je suis rentré il y a 11 ans, comme technicien maintenance production. J'ai été embauché à la création de l'entreprise, ai participé au montage des machines et suivi son évolution. Nous produisons sous forme de bobines, des textiles non-tissés que le client traite, reconditionne et emballe pour faire des lingettes de nettoyage. Produits à partir de dérivés de pétrole (polyester, polypropylène...), et aussi de viscose et maintenant de coton, les utilisations sont multiples : hygiène corporelle, entretien des sols, filtres et produits pour l'automobile (intérieur des sièges, tableau de bord).

Le département dont j'ai la responsabilité englobe l'ensemble des aspects techniques de l'entreprise :
- le process maintenance avec l'amélioration des machines et l'entretien curatif (la réparation des pannes machines) et préventif (le suivi permanent de l'état des machines)
- les achats de pièces de rechange
- l'entretien général, la réparation et l'amélioration des bâtiments industriels
- le planning maintenance préventif
En fait, les services maintenances sont en audit permanent qualité. L'intérêt est d'éviter au maximum les pannes-machines, d'améliorer l'existant, d'éradiquer les problèmes, de suivre en permanence l'état des machines…


Nicolas

Je suis responsable de production d'une entreprise de 30 personnes, dont 23 travaillent sur les lignes de production.
Je mets en place le planning des activités, suis garant des stocks de produits finis, manage le personnel de production et de laboratoire et fait assurer la maintenance classique ainsi que tous travaux sur l'outil de production.

22 Millions de bouteilles sont produites par an. Entre la sortie de l'eau du puit et le stockage des bouteilles il y a plus de 1000 mètres de machines qui requièrent notre vigilance, pour que tout se passe bien !

Je suis à la fois au bureau (commandes fournisseurs, suivi des postes d'intérimaires, gestion administrative du quotidien) et souvent sur le terrain, près des lignes d'embouteillage, avec les équipes de jour ou de nuit et le chef d'atelier.

Nous faisons beaucoup d'entretien curatif, car il y souvent de petites pannes à gérer : il faut intervenir au plus vite avant qu'elles ne deviennent de grosses pannes. L'intérêt serait de faire plus de préventif, surtout si l'on a des pics de production par exemple. Car c'est à ce moment là que la machine grippe !

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Quel a été votre parcours ?

Adrien

Après une seconde technique, j'ai réussi un bac F3 électrotechnique en 1988. Je voulais faire de la conception électrique, du dessin et exercer en bureau d'étude. C'est le câblage électrique qui m'intéressait alors. J'ai découvert les automatismes au cours du stage de 1ère année de BTS électrotechnique. Je me suis intéressé à l'amélioration des performances et de la qualité des machines. Finalement, alors que j'aurais pu m'orienter vers la conception électrique, j'ai préféré la maintenance des outils de production, qui implique la veille au quotidien et l'amélioration du fonctionnement des machines.
Après, j'ai choisi délibérément de travailler un an en intérim. Au rythme de missions d'un mois ½, je voulais, par exemple en câblage, acquérir un maximum d'expérience, approfondir la pratique.

Ma dernière mission de fabrication et câblage de machines de l'industrie, m'a particulièrement préparé au nouvel emploi de technicien de maintenance, et j'ai commencé à faire les 5*8 (5 équipes de 8 heures, et l'usine ne s'arrête pas). Après, j'ai évolué dans différents postes : technicien maintenance production, technicien électricien journée, responsable électrique, responsable maintenance électrique et mécanique.
 
Nicolas

J'ai réussi un CAP électromécanique en 1985, puis un Bac F3 électrotechnique (actuellement STI) à la suite.

Ensuite, j'ai travaillé aux Mines de Potasse d'Alsace comme électromécanicien, à 1000 mètres sous terre. La température se situait entre 37° et 45° alors que nous travaillions sur des machines de taille !

Je suis parti avant le plan social en 1998, et ai choisi entre lignard à l'EDF et un poste d'électricien de maintenance dans l'entreprise ou je suis actuellement.
Au bout de 3 ans, j'ai coordonné la production, puis suis devenu responsable de production.

Mon chef m'a incité à reprendre des études, afin d'accompagner mes nouvelles responsabilités par de nouvelles compétences. J'ai ainsi refait un Bac Pro Maintenance puis un BTS Maintenance en 1 an, en cours du soir au GRETA.

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Quelles sont vos conditions de travail ? Les bons et mauvais cotés ?

Adrien

Des contraintes, oui, il y en a. Ce métier demande à la base, une implication personnelle, du technicien au responsable … et d'autant plus pour le responsable ! Quand une machine tombe en panne, il faut être là. Ainsi, on peut être appelé en plein milieu d'une fête de famille ! …. Bien sûr, ce n'est pas le lot quotidien. Mais le technicien qui veut évoluer doit le savoir.

Ce qui est valorisant dans la maintenance, c'est la création, l'amélioration des machines ; il y a chaque jour de nouveaux challenges à remplir. Dans ce métier, je me sens utile.

Et puis l'esprit maintenance a évolué surtout ces trois dernières années. En améliorant et fiabilisant l'outil de production, la maintenance est devenue un service productif, qui fait économiser de l'argent à l'entreprise.

 
Nicolas
Au début de mes nouvelles fonctions, c'est le management du personnel qui m'a paru le plus difficile. Il faut être à l'écoute, s'adapter aux personnes, prendre quelques fois des décisions difficiles, expliquer le pourquoi de certaines décisions aux ouvriers de production …..

Mais comme je suis de tempérament autodidacte, j'ai retroussé les manches en considérant que l'on apprend tous les jours.

Ce qui me plaît, c'est la diversité des activités, du suivi de la maintenance à la gestion du personnel.
Il y a beaucoup à faire et je me sens actif. Si l'on arrive à résoudre les problèmes en un temps court, c'est le résultat de tout ce travail au quotidien.


Comment voyez vous l'avenir ?

Adrien

En discutant récemment avec des confrères, je me suis rendu compte que les besoins en personnel de maintenance augmentent.
Et je trouve que l'on a bien du mal à trouver de bons techniciens. Pour un jeune qui souhaite s'investir, ce métier a de l'avenir.
 
Nicolas
On aura besoin d'intégrer davantage de préventif (entretiens périodiques, changement des pièces d'usure par exemple) dans la maintenance, quelque soit l'entreprise.
Actuellement, je n'ai pas vraiment de craintes, pour les bons ouvriers, techniciens, responsables de production en maintenance.

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Quels conseils donneriez-vous aux jeunes interressés par les métiers de la maintenance ?

Adrien
Sur les 25 stagiaires reçus en 3ans ½, j'aurais des hésitations à embaucher. Je leur souhaiterais plus de motivation et surtout de maturité. Je crois que la transition entre la formation initiale et le travail en entreprise est difficile pour beaucoup. Un de mes jeunes BTS recruté, a mis deux ans avant de se sentir assez bien à flot.
Il ne s'agit pas d'avoir un fort potentiel intellectuel, il faut se sentir prêt à s'atteler au quotidien. Alors je crois que les stages, les intérims permettent de bien prendre la mesure du métier.
 
Nicolas
Ce métier, c'est non seulement un parcours scolaire, mais aussi de l'expérience professionnelle.
Je dirais : savoir, avoir déjà vu et pratiquer. Avec à la base, des connaissances en électricité, hydraulique, mécanique, pneumatique, automatique, qu'il faut bien maîtriser.
Après, comme les techniques évoluent, il faut de toute façon se perfectionner en permanence.

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En savoir plus sur les métiers de la maintenance


Consulte les fiches métiers "Technicien de maintenance" sur le site de l'ONISEP.
Consulte le numéro de la collection Voie Pro intitulé "Entretien, Réparation, Dépannage", publiée par l'ONISEP.
Consulte le numéro de la collection Parcours intitulé "Les métiers de l'industrie", publiée par l'ONISEP.

 

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