 |
 |
 |
Ce mois-ci ->
Archives -> |
|
 |
|
 |
|
 |
|
 |
 |
|
|
| |
Tu es ici : > >Le fleuriste |
 |
 |
| |
Le quotidien de deux fleuristes strasbourgeois.
Sébastien, 29 ans, est responsable d'un magasin de fleurs à Strasbourg. Philippe, 49 ans, est horticulteur et fleuriste depuis 24 ans près de Strasbourg. Comment voient-ils respectivement le métier de fleuriste et d'horticulteur ?
 |
En quoi consiste votre travail ? |
Sébastien
Nous recevons tous les deux jours des fleurs coupées, des plantes vertes et des végétaux. Ils sont vérifiés, triés puis conservés avant leur préparation.
Fleuriste au quotidien ? c'est d'abord nettoyer, couper les fleurs fraîches pour les bouquets, entretenir et arroser plantes et arbustes en pot.
Soignés rigoureusement, ils nous permettent de créer de nouveaux produits : de la petite composition à l'arrangement de prestige.
Les saisons ont leur influence, malgré la diversité des arrivages : Sud de la France, Italie, Equateur, Kenya, Israël … Ainsi, en hiver a t'on davantage de végétation dans les arrangements que de fleurs. A nous ensuite à les mettre en valeur, les présenter de façon originale. A innover aussi, pour que la clientèle y trouve un plaisir renouvelé.
En tant que responsable, je supervise l'ensemble des activités : le suivi de la gestion, les relations avec la clientèle. Je m'occupe particulièrement des fournisseurs, de la prévision de l'achalandage. Je fais réfléchir les fleuristes à l'importance de la création et du bon contact avec la clientèle.
|
 |
Philippe L'horticulture (de hortus : jardin) recouvre plusieurs types de productions : la floriculture qui produit pour le jardinage ou pour le commerce, la culture maraîchère, la culture en pépinières et l'arboriculture (arbres fruitiers).
Matières premières du floriculteur : la terre, le climat et le végétal, qu'il s'agisse de fleurs, de plantes vertes de plein air ou d'appartement.
A partir d'une petite partie de la plante : graine, bouture..., et à force de patience et de soin, au bout de 3, 6, 9, 12 mois on obtient de belles fleurs à couper, des plantes fleuries en pot ou en jardinière, et des plantes vertes que l'on proposera à notre clientèle. Nous travaillons manuellement, en pleine terre ou en pot, à l'air libre (champ), ou surtout ici, sous abri artificiel (serre, tunnel).
Les plants sont surveillés attentivement. Au jour le jour il faut : désherber, arroser, biner, traiter, tailler, repiquer. Egalement savoir quand humidifier, rafraîchir ou chauffer : la climatologie en serre doit être adaptée en permanence. Il faut aussi savoir anticiper, mener sa culture en fonction de toutes les données : la ventilation, le compost, la méthode de culture, la saison … |
Quel a été votre parcours ? |
Sébastien
J'ai grandi dans les fleurs, puisque mes parents sont meilleurs ouvriers de France. Après un CAP de fleuriste passé à Paris dans une entreprise de 16 personnes, j'ai voulu "voir du pays".
A Bonn (Allemagne), j'ai appris à mieux respecter la "personnalité" de la fleur et perfectionné mon allemand.
Dans le Sud de la France, à Cannes, c'est l'importance du décor pour le spectacle, l'événement qui a retenu mon attention. Au Luxembourg, c'est surtout la rigueur de l'organisation.
Comme je suis responsable du magasin, je me suis formé progressivement à la gestion, l'encadrement, tous les aspects administratifs essentiels. |
|
Philippe
Il est atypique. A partir de la seconde, je me suis dirigé vers F6 (Biologie – biochimie) en 1976. Après concours, j'ai intégré l'école d'horticulture de Genève. A l'issue des 4 ans de formation, j'ai obtenu le diplôme de l'école équivalent à un Bac+2, avec six spécialisations.
A la semaine internationale d'Art floral de 1980, j'ai pris le goût du métier de fleuriste en rencontrant des "pointures" dans le domaine. J'ai enchaîné ; coupe régionale, nationale, concours d'un des Meilleurs Ouvrier de France en 1988. Je fais des démonstrations et m'implique dans la formation. Et j'ai repris avec ma sœur, l'entreprise de mes parents.
|
Quelles sont vos conditions de travail ? Les bons et mauvais cotés ? |
Sébastien Pour moi la passion est un mot-clé : il faut savoir se parfaire, être à l'écoute des tendances, des styles, des saisons, de la demande du client aussi.
Ce n'est pas un travail répétitif pour la création, mais pour l'organisation et le suivi quotidien, qui conditionnent la qualité de notre prestation, oui.
Des aspects pénibles ? difficile à dire quand on aime ! Pour certains, je dirais : manipuler l'eau, la terre, les engrais, transporter des volumes de fleurs et d'arrangements pour changer les décors, passer entre le chaud et le froid pour mettre en place un pas de porte… Le travail s'effectue debout, la plupart du temps. Et il peut y avoir de grandes amplitudes de travail – avec récupération- en période de fêtes, ou pour honorer une grosse commande. Certains pratiquent plutôt l'horaire fixe avec heures supplémentaires.
|
|
Philippe
La floriculture, c'est un soin de tous les instants. Par exemple, un problème sur une plantation en série, peut entraîner au final, un manque à gagner qui rejaillira sur l'entreprise. Il faut donc s'impliquer, être présent "en période de bourre".
C'est petit à petit que l'on maîtrise la croissance programmée des plantes, les engrais, les outils mécaniques (systèmes d'arrosage), et électroniques (contrôle de l'hygrométrie et de la température). Cela demande une intelligence pratique, de l'habileté manuelle, le sens de l'observation. Il faut être robuste et résistant, car l'on est souvent debout ou accroupi, et précis dans ses gestes, particulièrement dans le travail en serre. |
Comment voyez vous l'avenir ? |
Sébastien
C'est devenu plus difficile pour les petits fleuristes. Dans le contexte actuel, il est important de tenir les prix et la qualité sur nos spécialisations. Il faut également penser à la livraison des productions, avoir une équipe solide et être bon gestionnaire.
Des ouvertures sont à trouver en permanence, en participant à des manifestations locales ou régionales qui attirent l'attention sur le savoir-faire des fleuristes. |
|
Philippe
Les petites et moyennes entreprises ont de plus en plus besoin d'investir dans les techniques de pointe et actuellement peu de jeunes reprennent les activités. |
Quels conseils donneriez-vous aux futur(e)s fleuristes ? |
Sébastien
Il faut savoir être réactif, car la condition essentielle dans ce métier est l'adaptation à la demande. Mariages, congrès, anniversaires, et bien sûr commandes en magasin. Il faut s'attendre à des volumes de travail très variables. |
|
Philippe
Pour les jeunes, la majeure partie de ceux qui viennent en floriculture sont issus du CAPA ou du BEPA Productions horticoles. A ce stade ils deviennent des professionnels de base reconnus. Si ils trouvent un maître de stage, ils peuvent ensuite passer un BPA pour devenir chef d'équipe, puis un Bac Pro Productions horticoles qui conduira à la fonction de chef de culture. Ils évolueront en fonction de leur valeur personnelle. Financièrement, ils pourront toucher des primes d'assiduité, de fin d'année ou de chantier. |
Les ressources pour en savoir plus sur le métier
- Consulte les fiches métiers "Fleuriste" et "Horticulteur" sur le site de l'ONISEP.
- Consulte les numéros de la collection Voie Pro intitulés "Les Métiers de l'Horticulture et du paysage " et "Vendre" , publiée par l'ONISEP.
- Visite le site internet Val'hor, rubrique filière horticole
- Tu peux aussi consulter "Le Dico des Métiers"
|
 |
|
 |
|
| |
|
|