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Tu es ici : > >L'éducatrice de jeunes enfants |
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Deux éducatrices de jeunes enfants nous dévoilent leur pratique. Un même métier dans deux contextes très différents...
Sylvie, 29 ans, est éducatrice de jeunes enfants dans une crèche parentale depuis 2 ans.
Cathy, 40 ans, exerce au centre hospitalier d'Hautepierre auprès des enfants du service de chirurgie pédiatrique.
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En quoi consiste votre travail ? |
Sylvie
Je suis éducatrice de jeunes enfants dans une crèche parentale qui accueille 12 enfants de 3 mois à 4 ans.
| développer l'éveil de l'enfant, l'aider à s'épanouir physiquement, intellectuellement et psychologiquement |
Je coordonne les différents moments de la journée, veille au respect des rythmes des enfants et à leur bien-être.
Mon objectif est de développer l'éveil de l'enfant et de l'aider à s'épanouir en proposant différentes activités qui visent à développer la motricité, le vocabulaire, la motricité fine… Je veille également au bon développement physique, intellectuel et psychologique. L'éducatrice doit également être susceptible de détecter d'éventuelles anomalies comme des retards, un handicap, et d'en alerter les parents.
Si je devais décrire une journée type, je dirais que chaque matin, nous accueillons les parents qui viennent déposer leurs enfants. Nous les rassurons, nous prenons des nouvelles de l'enfant, nous faisons tout pour que la séparation se passe bien. Lorsque les enfants sont là, nous chantons et prenons tous ensemble une petite collation, histoire de créer un moment convivial autour de la table. Nous proposons ensuite une activité manuelle, ou une sortie au musée, au parc, toujours en fonction de l'âge et des possibilités de l'enfant. Vient l'heure du repas, suivi d'un moment calme occupé par de la lecture ou un peu de musique, pour préparer les enfants à la sieste. Lorsqu'ils se réveillent, chacun à son rythme, nous leur proposons une activité jusqu'à 16h, l'heure du goûter. Ensuite, chacun s'occupe en jouant librement. Lorsque les parents viennent chercher leur enfant, nous leur racontons la journée, avec des petites anecdotes. C'est important d'inclure les parents dans la journée de l'enfant, comme ça, même si ils n'étaient pas présents, ils ne se sentent pas exclus !
| Responsable technique, une fonction spécifique aux crèches parentales |
En plus de mes fonctions d'éducatrice, je suis également responsable technique. C'est une fonction spécifique aux crèches parentales. Il s'agit de la personne qui encadre l'équipe, qui résout les problèmes, qu'ils soient matériels, de personnel, d'hygiène, de sécurité… C'est aussi la personne qui sert de médiateur et d'intermédiaire entre les parents et le personnel.
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Cathy
Je travaille au sein d'une équipe pluridisciplinaire composée de médecins, d'infirmières, d'aide soignante dans le service de chirurgie pédiatrique… Le service accueille des enfants et des adolescents de 1 à 18 ans pour des interventions du type opération de l'appendicite, soins suite à des brûlures. La durée moyenne du séjour est de 3 à 5 jours. L'objectif de l'éducatrice est de le rendre le moins traumatisant possible pour l'enfant. Pour cela, je veille à ce que la prise en charge soit bien celle de la personne et pas seulement de la maladie, que l'enfant soit respecté dans sa globalité.
| "...veiller à ce que la prise en charge soit bien celle de la personne et pas seulement de la maladie" |
Je propose donc aux enfants de se rendre en salle de jeux. C'est un lieu où ils jouent, lisent, dessinent, discutent et expriment leurs angoisses, leurs questionnements et leurs réactions par rapport à la situation d'hospitalisation qu'ils vivent. Y venir ou pas constitue souvent la seule décision dont ils sont maîtres dans ce contexte.
Je participe aux transmissions : ce sont des réunions d'équipe ou nous sommes informés de l'arrivée d'un enfant, de sa pathologie, du traitement qui va lui être administré. En aucun cas, je n'interviens sur les soins mais je tente de procurer à l'enfant et sa famille un havre de paix par rapport à ceux-ci. Mon travail est à 100% un travail relationnel, avec l'équipe comme avec les parents et les enfants. De plus en plus, les parents ont un rôle essentiel à jouer lors de l'hospitalisation de leur enfant. Le service encourage largement leur présence et de ce fait, mon rôle d'écoute s'étend également à eux, si ils le souhaitent. |
Quel a été votre parcours ? |
Sylvie
Aussi loin que je me souvienne, j'ai toujours voulu travailler avec des enfants. Après un Bac Littéraire, je suis partie en DEUG de lettre modernes, puis en licence de sciences de l'éducation.
J'avais dans l'idée de passer le concours pour devenir professeur des écoles, mais durant mon année de licence, j'ai visité une école maternelle et une crèche. Ces visites m'ont bien plu, et cela m'a poussé à me renseigner sur les métiers de la petite enfance.
J'ai passé le concours d'éducateur de jeunes enfants car la dimension maternelle et affective de ce métier m'attirait plus que l'enseignement. Durant ma formation à Nancy, j'ai eu l'occasion d'effectuer des stages dans différents secteurs dont un service de pédiatrie. J'aimais beaucoup le rapport aux enfants. Celui des parents était moins évident, ils cherchent énormément de réconfort, étant angoissés. J'ai également travaillé dans un foyer de l'enfance durant mes week-ends. J'ai ensuite trouvé un poste en temps plein dans une crèche associative. Puis, j'ai cherché à venir à Strasbourg, et j'ai trouvé ce poste en crèche parentale. Cela fait deux ans maintenant. |
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Cathy
Vers 16/17 ans, j'ai commencé à avoir envie de travailler auprès d'enfant. A mon sens, il n'y a pas de hasard dans les choix professionnels que l'on effectue ; dans mon cursus scolaire, j'ai souvent constaté que les rythmes et besoins des enfants étaient insuffisamment respectés. Cette question m'interpellait donc particulièrement.
Après mon bac, j'ai fait une année de socio puis j'ai travaillé et passé mon BAFA. Dans la foulée, je suis entrée à l'école d'éducateur de jeunes enfants sur concours.
Ma première expérience professionnelle s'est déroulée en crèche pendant 2 ans.
Puis, j'ai travaillé en garderie cantine. Employée par une association de parents d'élèves, mon rôle consistait à veiller au respect de l'enfant dans le temps péri-scolaire. (avant et après l'école ainsi qu'entre 12 et 14 heures)
Après cela, j'ai eu une expérience de 5 ans, très enrichissante mais aussi très fatigante dans un hôpital de jour qui accueillait des enfants et adolescents psychotiques, autistes, débiles et présentant des troubles du comportement.
Mon poste suivant est celui que j'occupe encore actuellement, si ce n'est que ma mission a "débuté" par 10 années de contrat précaire avant ma titularisation. Cette durée n'a d'ailleurs rien d'exceptionnelle : les postes dans la fonction publique hospitalière sont rarissimes ! |
Quelles sont vos conditions de travail ? Les bons et mauvais cotés ? |
Sylvie
| la crèche parentale, une structure qui favorise des liens forts avec les enfants... |
Le fait de travailler en crèche parentale permet d'avoir de petits effectifs par rapport à une crèche traditionnelle. Je peux donc créer de vrais liens avec les enfants. Et le fait de ne pas avoir deux sections coupées l'une de l'autre, les petits d'un côté et les grands de l'autre, est un vrai plaisir pour moi. C'est agréable d'avoir un groupe d'enfants de tous âges et c'est une grande richesse pour eux. Les petits sont stimulés par les grands, cherchent à les imiter, les grands se sentent responsables des petits, cherchent à les aider…
| Composer avec la présence des parents, un exercice délicat... |
Dans le principe de la crèche parentale, chaque couple est tenu d'effectuer une garde d'une demi-journée par semaine, avec l'équipe. Les parents peuvent ainsi voir leur enfant vivre en collectivité, discuter entre eux, et les petits sont rassurés de cette présence. De plus, ceux qui font le choix de ce mode de garde ont la plupart du temps envie de s'impliquer dans la vie de la crèche. C'est positif, mais pas toujours facile à gérer pour l'équipe, car chaque parent a son propre avis sur les activités, les sorties, ses propres méthodes éducatives et est parfois tenté de les appliquer lorsqu'il assure sa permanence hebdomadaire. C'est alors mon rôle de professionnelle de recadrer les choses avec diplomatie et tact pour assurer une continuité et une cohérence éducative. |
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Cathy
J'exerce par choix, mon métier à mi-temps. Je travaille une semaine sur deux en alternance avec ma collègue, de 8h à 12h et de 12h30 à 16h30. Je suis fonctionnaire de la fonction publique hospitalière.
L'indépendance est un avantage que j'apprécie beaucoup : je gère le matériel (jeux, livres…) et la salle de jeu comme je l'entends.
| "...trop souvent considérées comme celles qui sont payées pour jouer avec les enfants..." |
Côté inconvénient, je dirais qu'il y a un problème de connaissance et de reconnaissance de la profession : n'étant que 5 dans l'énorme réseau CHU notre métier est peu connu. Nous sommes souvent considérées comme "celles qui sont payées pour jouer avec les enfants", mission sympa et un peu dérisoire au regard de celle remplie par le personnel soignant ! |
Comment voyez vous l'avenir ? |
Sylvie Le travail en crèche parentale est un peu usant. Le fait de devoir faire la médiation entre les parents et le personnel devient à terme assez fatigant. Et comme le fonctionnement de la crèche repose sur un système associatif, géré par des parents, il faut sans cesse penser à tout pour tout le monde.
J'envisage également de faire de la formation, et à plus long terme, la direction d'une structure. |
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Cathy
Pour le moment, je n'envisage pas de changements mais je pense qu'à terme, je choisirai de bifurquer vers d'autres postes ou missions. En effet, j'imagine qu'on ne supporte pas les enfants de la même manière à 57 ans qu'à 40 ans. Il y a toujours le risque d'être blasée ou tout simplement usée ! Mon objectif est d'anticiper un tel état et de rebondir avant… la formation peut constituer une piste. |
Quels conseils donneriez-vous aux futur(e)s éducateurs/trices de jeunes enfants ? |
Sylvie
Avoir l'envie de travailler avec des enfants, c'est quelque chose d'inné, une vraie vocation. Cette vocation est indispensable.
| "Il est utile de varier les lieux et les conditions de stage, pour cerner ses envies." |
Les stages faits au long de la formation permettent de confirmer cette vocation. Il est utile de varier les lieux et les conditions de stages, pour cerner ses envies. Certaines qualités sont les bienvenues : la disponibilité, la capacité à se remettre en question régulièrement, à revoir ses pratiques pour éviter de tomber dans un train-train… Le contact avec les enfants demande de la patience bien sûr, et un bon sens de l'écoute et de l'observation. On peut également ajouter la diplomatie, la curiosité et l'imagination.
Pour exercer dans une crèche parentale, mieux vaut avoir un certain charisme pour pouvoir imposer ses idées, tout en faisant preuve d'une certaine flexibilité. 3 ans d'expérience professionnelle sont demandés pour prétendre à la fonction de responsable technique en crèche parentale. |
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Cathy
| Eviter de tomber dans la niaiserie "J'aime les enfants", cela ne veut rien dire ! |
Pour faire ce métier, je crois qu'il faut en tout premier éviter de tomber dans la niaiserie "j'aime les enfants…" ; Cela ne veut rien dire ! On ne sait jamais vraiment la raison pour laquelle on choisit une profession…ou alors des années après ce choix mais cela ne dispense pas d'une introspection… "Qu'est ce que je cherche ?".
Les stages sont essentiels : ils permettent aux élèves de se confronter à la réalité du métier. Les postes en hôpitaux sont particuliers : en oncologie par exemple, il faut être prêt à se confronter à la question de la mort. Je recommanderais donc de commencer sa carrière dans des structures "classiques" du type crèche avant d'envisager d'intégrer un "service plus dur".
| "Commencer sa carrière dans des structures classiques avant d'envisager un service plus dur" |
En général, pour choisir ce métier je crois qu'il faut en tout premier lieu avoir le désir du respect de l'enfant dans son intégralité notamment de celui qui a du mal à trouver sa place dans une structure. La patience est essentielle, ça va de soi ! Enfin, pour finir, il faut aussi être prêt à travailler sous le regard des parents dans des postes tels que le mien : ce n'est pas toujours évident ! |
Les ressources pour en savoir plus sur le métier
Consulte la fiche métier "Educateur de Jeunes Enfants " sur le site de l'ONISEP.
Consulte le numéro de la collection Parcours intitulé "Travailler auprès des enfants ", publiée par l'ONISEP.
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Se former au métier d'Educateur/trice de Jeunes Enfants en Alsace |
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En Alsace, deux centres de Formation te préparent au diplôme d'Etat en trois ans, Bac ou équivalent en poche. Cette formation est accessible sur concours. Attention ! Si tu es en Terminale, tu dois t'y inscrire dès le premier trimestre, et ne pas attendre les résultats du Bac...
Pour ne pas rater la date, consulte notre calendrier...
Pour consulter les sites des deux centres de formation :
Strasbourg : http://www.cfeje-strasbourg.com/
Mulhouse : http://www.cfeje-mulhouse.fr |
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