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Petit déjeuner avec deux avocates qui nous parlent du métier.
Sophie et Hewan sont deux jeunes et brillantes avocates. La première exerce depuis 10 ans et s'est spécialisée en droit de l'immobilier et de la construction, la seconde exerce depuis 7 ans et a choisi de rester généraliste.
Interview croisée...
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En quoi consiste votre travail ? |
Sophie
Je suis avocate depuis 10 ans. Un avocat défend les intérêts d'une personne ou d'une société, qu'elle soit poursuivie ou poursuivante. Défendre les intérêts de quelqu'un ne signifie pas forcément défendre la vérité !
Mes domaines principaux d'activité sont le droit immobilier et le droit de la construction. Cela couvre les ventes immobilières, les baux d'habitation et commerciaux, les problèmes de non-respect de compromis de vente ou lorsque la vente ne correspond pas à ce qui était prévu, les difficultés de terrain, les problèmes de garantie d'assurances, les désordres lors de la construction d'une maison...
Une semaine type : je rencontre le client, j'examine son dossier et les documents qu'il me remet, j'introduis une procédure. Une procédure se passe toujours de la même manière, une demande est transmise au tribunal et à un huissier pour informer l'adversaire, celui-ci répond, l'affaire passe en audience et le jugement est rendu. Cela peut être long car les navettes entre le plaignant et l'adversaire peuvent être très nombreuses !
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Hewan
J'exerce le métier d'avocate dans un cabinet qui en compte 4. Les dossiers que je traite, relèvent la plupart du temps du droit de la famille ou concernent des mineurs victimes ou poursuivis pour infraction. Mais, comparativement à Sophie je suis plus généraliste que spécialisée. En conséquence, mes connaissances juridiques doivent être étendues à plusieurs domaines ; je passe un certain temps à étudier les textes quand une affaire relève d'une matière très technique.
Cette polyvalence demande beaucoup de temps en documentation, en recherche, mais est également extrêmement enrichissante et assure une variété dans le travail.
Comme pour tout avocat, mes journées comportent des rencontres avec les clients, des études de dossiers, des visites au tribunal ..... J'introduis une procédure dont les étapes et la durée dépendent des parties en présence, des décisions des juges. |
Quel a été votre parcours ? |
Sophie
J'ai passé l'examen d'entrée à l'école des avocats une première fois après ma maîtrise de droit. Ne l'ayant pas obtenu j'ai enchaîné sur un DEA en droit privé que j'ai décroché en même temps que mon examen d'entrée. A la sortie de l'école, j'ai exercé pendant 2 ans ½ dans un petit cabinet spécialisé dans l'immobilier. Puis j'ai rejoint mon cabinet actuel, ou j'ai été affectée en droit des assurances. Suite au départ d'une associée, j'ai repris son créneau, le droit immobilier, dans lequel j'étais déjà très à l'aise. |
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Hewan
J'ai débuté ma carrière en tant que collaboratrice. Ce statut permet de démarrer dans la profession pour se former et développer sa clientèle en vue d'une installation à son compte. On traite alors certains dossiers du cabinet et on touche une "rétrocession d'honoraires forfaitaire mensuelle", c'est à dire une part fixe des rentrées d'argent du cabinet.
Durant mes études, j'avais dans l'idée d'exercer comme juriste européen en entreprise. J'ai d'ailleurs validé un 3ème cycle (master2) dans ce domaine. Lors de mes recherches d'emploi, j'ai réalisé qu'une formation d'avocate représentait un plus dans ce domaine. De plus, les cabinets spécialisés en droit européen siègent pour la plupart à Paris ou à Bruxelles et moi, je souhaitais rester à Strasbourg. J'ai donc tenté et réussi l'examen d'entrée à l'école des avocats. |
Quelles sont vos conditions de travail ? Les bons et mauvais cotés ? |
Sophie
Je suis associée cogérante dans un cabinet composé de 11 avocats, dont 3 associés cogérants et 8 collaborateurs. Pour devenir associé, il faut l'accord de tous les autres associés et pouvoir financièrement racheter des parts du cabinet. L'entente est primordiale. L'associé a une part d'administratif non négligeable (gestion du personnel, contrats, problèmes techniques à régler…)
Nous touchons des honoraires, qui dans l'idéal sont perçus au fur et à mesure des actes et de la procédure, avec une facture finale remise au client lors du jugement. Ces honoraires sont fixés librement par chaque cabinet et dépendent souvent du temps passé sur le dossier.
Je n'aime pas parler d'inconvénients du métier, mais plutôt de difficultés. Côtés horaires, c'est difficilement anticipable et quantifiable ! Travailler en libéral inclus le fait de ne pas avoir un salaire fixe chaque mois et d'avoir un emploi du temps chargé. Une semaine à 50 heures représente une semaine de travail normal. (Parfois, les temps d'attente dans les tribunaux sont très importants) |
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Hewan
Actuellement je reste collaboratrice à mi-temps et je travaille pour des clients personnels sur un autre mi-temps, dans l'optique de me mettre à mon compte.
En tant que collaborateur : on peut être viré du jour au lendemain, avec un préavis très court, car nous ne sommes pas soumis au droit du travail. D'où l'importance de développer une clientèle personnelle pour pouvoir envisager de se mettre à son propre compte, même lorsqu'on travaille en cabinet ! Une fois à son compte, il faut savoir anticiper la variabilité des rentrées d'argent, alors que les charges restent fixes et très élevées !
Pour moi, la diversité, surtout lorsqu'on est généraliste, est un gros avantage de la profession ! Chaque journée, chaque rencontre est différente. Et les contacts sont nombreux ! C'est un métier vivant, qui génère beaucoup d'émotions, joyeuses ou plus malheureuses. On peut aussi dire que c'est un métier à la carte. Pour les allergiques à la plaidoirie, il y a moyen de se diriger vers le conseil juridique dans lequel le rôle de l'avocat est préventif, et pas de régler des litiges. |
Comment voyez vous l'avenir ? |
Sophie
A terme, je souhaiterais être associée à une plus grande part et rester dans le droit de l'immobilier |
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Hewan
Me mettre à mon propre compte. |
Quels conseils donneriez-vous aux futur(e)s avocat(e)s ? |
Sophie
Faire un 3ème cycle (master). Un Master est très prisé sur une carte de visite, surtout dans certains domaines comme le droit des affaires, du travail, ou de l'urbanisme. Mieux vaut maîtriser une langue étrangère, surtout à la frontière. Mon cabinet fait partie d'un groupement d'avocats allemands, donc beaucoup de clients allemands à présenter devant les juridictions françaises.
Faire des stages dès la faculté si on a déjà l'envie de faire ce métier. Essayer d'en faire dans des cabinets d'avocats de tailles différentes, ou encore trouver un stage juridique de mise à jour de la documentation dans un cabinet… cela permet de sentir l'ambiance et de se faire une idée du terrain. |
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Hewan
Je conseille également un 3ème cycle. Mais je pense qu'il est judicieux de passer l'examen d'entrée à l'école d'avocats juste après la maîtrise (Master 1). Le programme de l'examen est le même que celui du cursus global. Et il est toujours possible de conserver son droit d'entrée à l'école, le temps de passer un master 2.
Il faut se laisser un "temps de maturation". Au début, j'avais des difficultés à gérer les conflits, je n'aimais pas ce genre de situations, et j'étais également très timide. Mais cela se travaille, j'ai pris sur moi et aujourd'hui, la prise de parole n'est plus un problème… C'était un vrai challenge.
Au delà des examens et des compétences indispensables, la personnalité est très importante. Les collaborations se créent aussi au feeling, que ce soit lors des entretiens d'embauche, dans les couloirs du tribunal ou lors des fêtes souvent organisées entre les gens du barreau. |

En savoir plus sur le métier
Consulte la fiche métier "Avocat" sur le site de l'ONISEP.
Consulte le numéro de la collection Parcours
intitulé "Les métiers du droit ", publiée par l'ONISEP.
Consulte le numéro de la collection Infosup intitulé "Etudes de droit, les débouchés", publiée par l'ONISEP
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