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Sylvia, 24 ans, auxiliaire de vie sociale et familiale, dans une association d'aide aux personnes âgées et handicapées dans le Haut-Rhin. Patricia, 37 ans, auxiliaire de vie sociale et familiale dans une association pour handicapés moteurs. Deux pratiques à la loupe !
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En quoi consiste votre travail ? |
Sylvia
Je réalise les tâches de la vie quotidienne, le plus souvent pour des personnes de plus de 60 ans. Mais certaines personnes plus jeunes sont également prises en charge, souvent des personnes handicapées.
Ce sont en général, des tâches qu'elles ne peuvent plus assumer seules, ou avec difficulté : la toilette complète ou partielle, se lever et se déplacer, les soins esthétiques : shampooing, pose de bigoudis, maquillage… c'est-à-dire, l'aide à la personne.
Je fais également la cuisine : repas complets ou partiels, gâteaux, ou… confiture à partir des recettes "de famille" de la personne par exemple, puis la vaisselle.
J'entretiens l'habitat, je fais les courses, je conduis chez le coiffeur ou le docteur, ou tout simplement en promenade. Il n'est pas rare que je propose une animation avec des jeux de mémoire, de cartes, d'habileté... tout ce qui peut aider à se maintenir l'esprit alerte.
Mes interventions sont adaptées aux besoins des personnes. Il est très important de les faire participer au maximum, tout en respectant leur rythme de vie.
Le temps d'intervention va de une heure (toilette, cuisine) à 4 heures ½ pour une personne handicapée. Je vois quatre à cinq personnes le matin, une ou deux l'après-midi, et, en général, nous avons des personnes attitrées.
Dans notre secteur, la majorité des déplacements s'effectue en voiture. Certains prennent le vélo, et, sur Colmar, le bus.
Je me déplace environ 20 km autour de la ville, et comme j'interviens dans les villages, le temps de trajet est quelques fois d'une demi-heure. J'ai en charge une personne handicapée le samedi matin, aussi je ne participe pas au roulement de week-end qui a lieu une fois par mois.
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Patricia
J'accompagne des personnes dépendantes, dans les actes de la vie quotidienne : aide au lever, toilette, courses, tâches ménagères, classement des papiers, promenades pour certains.
J'ai suivi en cinq jours, une formation spéciale validée, pour pratiquer des aspirations endo-trachéales. La formation a lieu en Institut de formation en Soins Infirmiers, et est définie par un texte législatif. Ces aspirations peuvent avoir lieu cinq ou six fois par jour pour une personne.
A part cela, nous ne pouvons pas accomplir d'autres gestes para-médicaux. Par jour, je consacre 1 à 6 heures par personne. Le planning de mes journées – qui peut varier entre 4 et 9 heures – est établi d'une semaine pour l'autre, et tient compte des disponibilités que j'ai signalées. Je travaille un week-end sur deux. Je me déplace en vélo ou en bus, la carte de bus étant prise en charge par l'association.
J'ai été directement embauchée par l'association qui est prestataire de service auprès de 20 personnes handicapées. Nous sommes 50 auxiliaires et le service peut se faire de jour comme de nuit. Jusqu'à 22 heures, exceptionnellement minuit, et sur volontariat, pour cette partie de la journée. Si la personne est lourdement handicapée, nous alternons pour répartir la difficulté. Il y a un autre statut pour l'auxiliaire de vie, ou l'usager est employeur direct et l'association est mandataire : elle s'occupe de la gestion des contrats et des salaires. |
Quel a été votre parcours ? |
Sylvia
Après la 3 ème , j'ai choisi de passer un BEP Carrières Sanitaires et Sociales. Je voulais travailler avec des enfants. Mais après le stage de 1 ère année de BEP, j'ai donné la préférence au travail avec les personnes âgées ou handicapées.
J'ai commencé ensuite un BAC SMS (devenu ST2S) pendant un mois. Mais vraiment, cela ne me convenait pas. Moi, c'est surtout le concret, les contacts sur le terrain qui m'intéressent. Pas dans un cabinet médical, par exemple.
Alors j'ai demandé un transfert de mon dossier, pour suivre la formation "Mention Complémentaire Aide à domicile".
Au départ, ce n'était pas acquis. Mais finalement le proviseur a accepté. Dès le début de la formation, je suis partie en stage !
J'ai eu mon diplôme en 2002, puis j'ai déposé mon dossier à la DDASS, et j'ai obtenu une équivalence pour le DEAVS (Diplôme d'Etat d'Auxiliaire de Vie Sociale).
J'ai remis mon CV à l'association. Et j'ai fait quelques petits "boulots", avant d'être embauchée par l'association en 2003
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Patricia
Un CAP Vente en apprentissage en 1989. Mais à l'époque, je n'ai pas trouvé d'emploi dans la vente. J'ai ensuite occupé plusieurs emplois précaires : dans une société de nettoyage, chez un croisiériste, comme caissière en supermarché.
Puis un Contrat Emploi Solidarité, d'abord en Hôpital Psychiatrique comme auxiliaire de service. Et un autre en maison de retraite, auprès de personne atteintes de la Maladie d'Alzheimer.
Quand le contrat a cessé en février 2000, j'ai pu faire un remplacement dans cette association, puis un service à mi-temps. Au bout d'un an d'exercice et trois mois de formation, j'ai obtenu le CAFAD (Certificat d'Aptitude aux Fonctions d'Aide à Domicile), puis récemment, l'équivalence avec le DEAVS (Diplôme d'Etat d'Auxiliaire de Vie Sociale).
J'ai pu suivre plusieurs formations de perfectionnement : les gestes et postures au travail, le handicap, l'alcoolisme… Je suis maintenant tutrice pour les futurs diplômés DEAVS. Nous sommes en permanence épaulées par l'association : déjà, il y a un travail en équipe, et puis nous avons un groupe de parole mensuel, avec une psychologue. . |
Quelles sont vos conditions de travail ? Les bons et mauvais cotés ? |
Sylvia
Je fais 35 heures par semaine avec, bien sûr, des périodes ou il faut s'adapter, quand il y a surcharge : une collègue malade, des congés … Dans ces cas-là, il faut répartir le service des absents. Ce sont les aléas du calendrier
Moi, ce qui me motive quand je pars le matin, c'est de savoir que les personnes âgées m'attendent avec impatience et… avec le sourire ! Ce sourire-là, c'est la plus belle des "paroles". Vous savez, pour certaines, je suis souvent la seule visite qu'elles reçoivent dans la journée.
Etre autonome me convient également. Et puis l'on n'est pas complètement seule : une régulation et des échanges ont lieu au sein du secteur, grâce à une réunion trimestrielle.
Le plus difficile : quand on voit les gens en situation de détresse, on quand leur état physique se dégrade, et que l'on se sent impuissant. Il faut prendre sur soi et penser que d'autres professionnels peuvent intervenir pour les prendre en charge. |
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Patricia
Pour moi, ce n'est pas un métier routinier. On est en contact avec des personnes de tous milieux et de tous âges. C'est un métier ou l'on est autonome et mobile et ou l'on a également un travail en équipe au sein de l'association.
Il faut savoir s'adapter aux personnes, aux caractères et aux modes de vie. A leur entourage aussi. On ne prend pas la place de la personne, on l'accompagne dans les gestes de la vie quotidienne en lui laissant le maximum d'autonomie possible. Mais toujours en tenant compte de son état du moment. La toilette des personnes et le fait d'avoir à les soulever, demande un physique solide, et une bonne préparation, car psychologiquement, tout le monde ne se sent pas apte à faire la toilette d'un malade.
En tout cas, la polyvalence de ce métier me convient . |
Comment voyez vous l'avenir ? |
Sylvia
Il me semble que le travail ne manquera pas, dans ce domaine, car il y a beaucoup de personnes âgées qui restent à domicile. |
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Patricia
Peut-être que j'évoluerai un jour vers le métier d'aide-soignante ? En attendant, je suis bien ici. Le métier, lui, a beaucoup évolué depuis huit ans et le statut a changé avec le nouveau diplôme. |
Quels conseils donneriez-vous à un(e) jeune qui souhaiterait devenir auxiliaire de vie ? |
Sylvia
En dehors des compétences professionnelles pratiques à acquérir, il faut savoir être autonome, aimer les contacts, savoir écouter. Ce métier demande également beaucoup de maturité. J'ai beaucoup pris sur moi, surtout au début : une certaine force de caractère est nécessaire face à des personnes en détresse. Savoir rester serein, pour bien assurer dans ce travail est important.
Et savoir oublier, quand on a fermé la porte à la fin de la journée, cela permet de garder des ressources et son énergie pour le travail quotidien.
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Patricia
Bien sûr, il faut avoir envie d'aider les autres, mais aussi : être discret, patient, ouvert, attentif. Et développer des compétences : ce sont des gestes de tous les jours mais qu'il faut accomplir comme une professionnelle. Et ce n'est pas la même chose !
Et puis il faut savoir que l'on est confronté à la douleur physique et psychologique, à la mort. On est épaulé, mais sur le lieu même de travail, on est seul et il faut savoir prendre les bonnes décisions. Cela s'apprend, avec formation et expérience. |

En savoir plus sur les métiers
Consulte les fiches métiers sur le site de l'ONISEP.
Consulte le numéro de la collection "Voie Pro " intitulé "Aide aux personnes".
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