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Deux auxiliaires de puériculture nous dévoilent leur pratique.

Ghislaine, 39 ans, est auxiliaire de puériculture (AP) au multi-accueil de la Montagne Verte, géré par le Service Famille et Petite Enfance de la CUS. Denise, 43 ans, exerce la même profession au sein d'une maternité. Comment vivent-elles leur métier ?








En quoi consiste votre travail ?

Ghislaine

Je travaille dans une structure de petite enfance qui accueille des enfants de 10 semaines à 4 ans. Les familles signent des contrats d'accueil qui prévoient le temps hebdomadaire que les petits passeront chez nous : certains sont présents à temps complet, d'autres à mi-temps, d'autres encore sont accueillis ponctuellement quelques heures dans la semaine. Mon équipe est composée d'une éducatrice de jeunes enfants, et 3 auxiliaires de puériculture. Je m'occupe d'enfants âgés de 10 semaines à 2 ans ½.

Mon premier rôle est un rôle de maternage, satisfaire les besoins journaliers de l'enfant ; ensuite, favoriser l'éveil et l'autonomie de l'enfant en le sociabilisant.
Je suis là pour que ces enfants puissent passer une journée agréable, en attendant le retour de leurs parents, c'est-à-dire respecter leur rythme journalier (le repas, le change, le dodo, les moments de veille, les moments calmes). La préparation des biberons nous incombe également.

J'instaure des règles de vie adaptées à l'âge, que chaque enfant doit respecter (politesse, respect…). Je leur propose des activités adaptées : chanson, jeu de construction, jeu de mime, jouet d'éveil, pâte à modeler, pâte à sel…
Mon rôle est également d'aider l'éducatrice à élaborer le projet pédagogique et le mettre en pratique.
Notre tâche quotidienne c'est aussi le nettoyage et la désinfection des jouets et du mobilier.

Denise

Les activités d'une AP en maternité sont constituées d'une multitude de tâches. Tout d'abord, le premier acte, c'est la relève d'équipe qui dure une demi-heure environ. Celles qui partent, informent celles qui arrivent. Nous faisons le point sur les différentes patientes du service.

Chaque jour, il y a les examens pédiatriques. L'AP, prépare le nourrisson en le déshabillant, elle prend note des examens complémentaires demandés par le médecin et effectue les tâches administratives relatives à ces examens. Quand le nourrisson doit être emmené dans un autre service, l'ap l'accompagne. Nous sommes amenées à assister la puéricultrice dans certains actes comme par exemple la pose d'une perfusion.

A part cela, nous avons un important rôle relationnel et éducatif auprès des mamans que nous guidons dans les soins quotidiens (change, bain, nourrissage) à donner au bébé. Notre objectif étant toujours de les conduire vers l'autonomie. En plus de nos activités en pouponnière, nous travaillons également dans les chambres. En binôme avec une aide soignante, nous participons à la réfection des lits et à la distribution des repas ; avec une sage femme nous contribuons à la mise en route de l'allaitement en assistant et en conseillant la maman lors des premières mises au sein.

A cette liste, s'ajoutent aussi toutes les formalités administratives qui prennent pas mal de temps lors de l'arrivée et du départ de chaque nourrisson. Enfin, nous passons commande de matériel pour la pouponnière comme le lait par exemple et accueillons des stagiaires.

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Quel a été votre parcours ?

Ghislaine

Après la 3ème , j'ai un peu tâtonné pour trouver mon chemin : j'ai commencé par une formation en sténodactylo (on parlerait plutôt de secrétariat actuellement) puis je me suis essayée à la vente dans le cadre de la formation pour adulte, complétée par de la bureautique. J'ai eu quelques expériences professionnelles de courtes durées, type missions d'intérims, notamment en Allemagne.

A mon retour en Alsace, j'ai cherché un emploi dans le secrétariat à Strasbourg mais, ne parlant ni allemand, ni alsacien, mes recherches se sont vite révélées décourageantes. Donc, je me suis décidée à regarder d'autres annonces et j'ai trouvé un CES (un contrat aidé) d'1 an dans une crèche parentale : 4 mois à la cuisine, ensuite 8 mois en animation. C'est à ce moment-là qu'il m'est venu une évidence, j'avais trouvé ma voie, mais sans diplôme, je ne pouvais pas devenir professionnelle. J'ai donc passé le concours d'entrée à l'école d'auxiliaire de puériculture que j'ai réussi puis après une année d'étude, j'ai obtenu mon diplôme d'auxiliaire de puériculture.

J'ai eu de la chance car la crèche parentale dans laquelle j'ai effectué mon CES m'a rappellée pour une place d'AP. Au bout de 6 mois, l'éducatrice est partie et l'on m'a proposé de prendre sa place de responsable technique (aujourd'hui, ce poste n'est réservé qu'à des Educatrices/teurs de Jeunes Enfants -EJE- loi 2000). J'y ai passé 8 ans dont 2 ans en alternance pour préparer un diplôme d'EJE, mais au bout de ces 2 ans j'ai réalisé que ce n'était pas le métier que je voulais exercer, car le travail de responsable me pesait trop et je voulais revenir à mes sources : le métier d'AP.

Depuis septembre 2003, je travaille dans le multi-accueil de la CUS et, au mois de mars, je deviendrais fonctionnaire.
 
Denise

Mon parcours a été plutôt linéaire.
Voulant m'occuper d'enfant dès le collège, j'ai intégré un BEP carrières sanitaires et sociales après ma classe de troisième.

Celui-ci en poche, j'ai passé et réussi mon concours d'auxiliaire de puériculture. Je travaille en maternité depuis 1981, dès ma sortie de formation.

Pour moi, travailler avec des enfants, c'était forcément avec des nourrissons : les aspects premiers soins et accompagnement de la toute jeune maman sont vraiment ceux qui m'intéressent.

Je ne suis pas du tout intéressée par le travail en crèche ou en halte-garderie. Raconter des comptines, chanter avec les enfants et développer des activités éducatives avec des 2/3 ans, ce n'est pas du tout mon truc.

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Quelles sont vos conditions de travail ? Les bons et mauvais cotés ?

Ghislaine

Je travaille dans une structure de plain-pied, entourée d'un grand parc : c'est le grand point positif de mon travail ; cela nous permet d'être moins stressées et enfermées en sortant les enfants tous les jours.
Il y a une très bonne entente dans mon équipe, qui est très soudée. La CUS (Communauté Urbaine de Strasbourg, mon employeur) nous donne les moyens de réaliser des projets (projet "livre", projet "peinture"…).

Autre point positif, je bénéficie d'une ½ ou 1 journée de RTT par semaine, ce que je n'avais pas en travaillant dans le privé et de 5 journées par an de développement professionnel.

Points négatifs :
- Les maux de dos sont fréquents dans cette profession car nous portons beaucoup les enfants, nous nous baissons souvent, le mobilier est à hauteur d'enfant.
- Le bruit
- Gérer les éventuels conflits avec les parents.
 
Denise
Mon contrat de travail s'établit sur la base de 35 heures hebdomadaires. Dans cette maternité, nous effectuons des périodes de 12 heures de travail consécutives, généralement deux de jour et une de nuit sur un cycle de 3 jours. Cette organisation prévoit une alternance entre les chambres et la pouponnière. Ainsi, nous sommes en mesure de faire un suivi plus personnalisé des patientes et de leur bébé sur une bonne partie du séjour. 

L'aspect le plus difficile du métier reste pour moi le bruit permanent produit par les pleurs des bébés en pouponnière. C'est très fatiguant de communiquer avec les parents, les pédiatres, de se concentrer et de faire des papiers dans ces conditions. On nous demande une grande polyvalence et beaucoup de dynamisme. Il n'est pas toujours évident de travailler auprès de toutes les mamans ; certaines sont très exigeantes et impatientes : il faut s'adapter à tous les publics.

Mais j'aime énormément mon métier notamment dans ses aspects relationnels et éducatifs auprès des mères. Il y a des moments très émouvants et extrêmement gratifiants. C'est en maternité et nulle part ailleurs que je souhaite exercer mon métier.

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Comment voyez vous l'avenir ?

Ghislaine

De manière très positive, car en retrouvant mes sources, à 39 ans, je me rend compte que je suis toujours aussi épanouie dans mon travail.
Je sais que la CUS me donnera la possibilité de faire des formations pour évoluer et ne pas rester sur mes acquis. Au sein de la CUS, je peux demander une mutation interne pour éventuellement changer de structure.
Je pense que le métier d'AP n'est pas prêt de disparaître, vu le nombre de nouvelles structures qui ouvrent, par exemple la maison de l'enfance de Hautepierre.
 
Denise
Si je devais changer un jour, je pense que ce serait pour faire tout à fait autre chose. Pourquoi pas fleuriste…

Comme je le disais précédemment, je ne suis pas du tout intéressée par l'exercice du métier d'AP dans un autre type de structure, sauf peut-être en PMI (Protection Maternelle et Infantile) mais les places sont rares. Donc, pour le moment pas de changement au programme.

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Quels conseils donneriez-vous aux futur(e)s auxiliaires de puériculture ?

Ghislaine
Bien se rendre compte que ce n'est pas un métier facile, qu'il ne suffit pas d'aimer les enfants pour pouvoir l'exercer. Il faut un minimum de patience, de rigueur, de responsabilité, d'imagination, d'intérêt pour la petite enfance, d'écoute.

Il faut également savoir passer le relais dans les moments difficiles sans culpabiliser : nous sommes une équipe. Beaucoup dialoguer au sein de l'équipe pour donner le meilleur de soi-même.
 
Denise
J'aimerais rendre attentifs les jeunes qui se destinent à ce métier : nous travaillons le week-end et les jours fériés, le jour comme la nuit. Ce rythme est quelquefois difficilement conciliable avec une vie de famille ou même une vie amicale hors travail. Je dirais que cette profession demande une grande disponibilité, des bonnes facultés d'adaptation et une bonne capacité à se remettre en question. En effet, les pratiques évoluent et il n'est pas question de s'endormir sur ses lauriers. 

Nous travaillons énormément en équipe, avec d'autres AP, des pédiatres, des aides-soignants et des sages femmes : c'est très formateur mais ça demande aussi beaucoup de souplesse.

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Les ressources pour en savoir plus sur le métier


Consulte la fiche métier "Auxiliaire de puériculture " sur le site de l'ONISEP.
Consulte le numéro de la collection Parcours intitulé "Travailler auprès des enfants ", publiée par l'ONISEP.


 
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