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Un couple d'architectes nous livre une vision croisée du métier.

Françoise et Jean-Claude sont tous deux architectes libéraux mais Françoise travaille seule alors que Jean-Claude est associé dans un cabinet d'architecture et d'Urbanisme.








En quoi consiste votre travail ?

Françoise

Mon travail consiste à faire des plans et à réaliser des immeubles : je construis surtout des maisons individuelles, des lotissements, mais aussi des bureaux.

Jean-Claude

Je suis l'un des 4 associés de l'atelier d'architecture et d'urbanisme constitué sous forme de SARL. Il emploie 10 salariés. Je suis architecte de formation mais aussi urbaniste.

En tant qu'architecte, mon travail va de la conception à l'exécution des différents projets. Pour 80%, l'activité du cabinet concerne le logement dont le logement social financé par l'Etat. A l'heure actuelle, les projets concernent 390 logements d'accession à la propriété et 1000 logements sociaux. Les 20% restant concernent les bureaux, le secteur médical, l'hébergement et les cuisines collectives pour les personnes handicapées.

En tant qu'urbaniste, je dois aménager les zones sous forme de lotissements, aménagements urbains, voiries, placettes, squares…

J'interviens sur la conception des projets, l'établissement des permis de construire, les plans d'exécution, des devis descriptifs, les réponses aux appels d'offres (les différentes entreprises sont mises en concurrence et présentent leur projet afin que le client choisisse le moins onéreux.) Au démarrage des travaux, j'en assure la direction et le suivi jusqu'à "réception" de l'immeuble.


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Quel a été votre parcours ?

Françoise

Durant ma scolarité, mes centres d'intérêt ont toujours été les mathématiques, la géométrie et le dessin. Mais je n'envisageais pas à l'époque de devenir architecte. Ce n'est qu'après mon bac scientifique que j'ai décidé d'entreprendre des études d'architecture, poussée par ma passion du dessin et de la géométrie. Je dois dire que j'ai été encouragée en ce sens par mes parents.

Après 6 années d'études à l'Ecole d'Architecture de Strasbourg, j'ai obtenu monDiplôme d'architecte, le DPLG (diplômé par le gouvernement) mais j'ai travaillé en agence dès la 4 ème année tout en poursuivant mes études.

Après mon diplôme, j'ai travaillé pendant 5 ans en agence, puis je me suis installée en libéral.
 
Jean-Claude

Aussi loin que je remonte dans mes souvenirs, j'ai toujours aimé dessiner. Mais c'est à partir de la seconde que j'ai envisagé des études d'architecte. Il est vrai qu'à l'heure actuelle, savoir dessiner n'est plus une nécessité pour un architecte : le travail de conception peut être entièrement réalisé par ordinateur (CAO = Conception Assistée par Ordinateur).

En ce qui me concerne, je fais un dessin qui est ensuite traité en CAO. Les logiciels permettent de travailler en 2 ou 3 dimensions.

Pour en revenir à mon parcours, après mon bac scientifique, j'ai fait 2 ans d'études à l'Ecole d'Architecture de Strasbourg jusqu'à l'obtention du DPLG J'ai fait mon service militaire à la Direction des Travaux du Génie où j'ai pu exercer mon métier. J'ai ensuite travaillé en Agence pendant 6 ans. Puis, je me suis installé à mon compte avec un associé pendant 28 ans. Depuis 1 an et demi, nous avons créé une SARL.


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Quelles sont vos conditions de travail ? Les bons et mauvais cotés ?

Françoise

J'ai la chance d'exercer un métier créatif ; j'ai vraiment le sentiment de me réaliser lorsque je m'installe devant ma table à dessin pour concevoir et élaborer des projets.

L'autre aspect positif, c'est la liberté. Exerçant une profession libérale, je ne dépends que de moi-même : je n'ai de compte à rendre à personne et je gère mon emploi du temps comme je veux.

Mais cette liberté a une contrepartie : je dois travailler beaucoup d'autant que je fais moi-même ma comptabilité : 40 heures par semaine est un minimum pour gagner ma vie.

L'architecture est une profession exigeante. En libéral, on dépend de ses clients mais on ne les choisit pas. La relation avec la clientèle peut s'avérer ingrate. Il s'agit de personnes souvent fragilisées psychologiquement vu l'importance du budget consacré à la construction, avec des prêts bancaires échelonnés sur 10, 15, voire 25 ans ! Je suis amenée à gérer les angoisses de certains de mes clients.

Il y a ceux qui hésitent sur leur projet ou qui n'arrivent pas à déterminer leur besoin, ceux qui vous remettent en cause tout au long du chantier et parfois ceux qui ne peuvent ou ne veulent pas payer.
 
Jean-Claude
Les bons côtés de mon métier ? C'est bien sûr la créativité, le côté artistique, la satisfaction personnelle une fois l'ouvrage terminé.

Autre aspect positif : la liberté. Je n'ai pas un patron sur le dos ; je m'organise comme je veux.

Mais la liberté n'est pas absolue, bien sûr ; rapidement, je me suis rendu compte qu'il y a des freins à celle-ci.

Les projets sont pris dans un carcan de contraintes financières, réglementaires, administratives.

Autre aspect négatif, je travaille énormément, au moins 60 heures par semaine. De plus, l'architecte a une très forte responsabilité : en cas de faute, Il peut être poursuivi sur ses biens propres.

La profession est donc exigeante et non exempte de risques


Comment voyez vous l'avenir ?

Françoise

Pour mon avenir, c'est simple, j'ai 56 ans et j'envisage de prendre ma retraite, ce qui dans une profession libérale se prépare sur plusieurs années à l'avance.

En ce qui concerne l'avenir de la profession, je crois que l'aspect libéral va disparaître car les architectes s'associent de plus en plus soit sous forme de société civile professionnelle, soit sous forme de SARL. C'est la une évolution non seulement européenne, mais aussi mondiale .
 
Jean-Claude
Je compte encore travailler pendant plusieurs années et gagner des concours. Certains projets nécessitent plusieurs années pour aboutir. J'ai toujours envie de travailler et j'ai aussi le soucis d'assurer ma relève avant mon départ.

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Quels conseils donneriez-vous aux futurs architectes ?

Françoise
Je conseille aux jeunes qui envisagent d'embrasser la profession de travailler en agence plusieurs années pour bien comprendre la psychologie de la clientèle et la gestion d'une agence. La plus grosse difficulté pour un jeune architecte, c'est de se constituer une clientèle : 90% des chantiers en Alsace sont gérés par 5% des agences.

Mon conseil est donc le suivant : travaillez en agence comme salarié pendant plusieurs années, quitte à prendre plus tard des parts dans la société civile professionnelle lorsque vos patrons partiront à la retraite.
 
Jean-Claude
C'est très dur au début. Il faut passer par plusieurs agences pour acquérir la pratique qu'on n'a pas en sortant de l'école. Il faut être très motivé et avoir à l'esprit qu'il faut des années pour se constituer une clientèle. La sélection est impitoyable étant donné le nombre de diplômés par rapport au volume des affaires.

Un jeune architecte qui débute en agence comme salarié gagne environ 2000 euros nets mensuels : c'est peu pour la quantité de travail et l'investissement demandés.

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En savoir plus sur le métier


Consulte la fiche métier "Architecte" sur le site de l'ONISEP.
Consulte le numéro de la collection Parcours intitulé "Architecture, urbanisme et BTP", publiée par l'ONISEP.


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